FOLKLORE DES TERRES MORTES

«Un mythe est une construction imaginaire (récit, représentation, idées) qui se veut explicative de phénomènes cosmiques ou sociaux et surtout fondatrice d’une pratique sociale en fonction des valeurs fondamentales d’une communauté à la recherche de sa cohésion. Il est porté à l’origine par une tradition orale, ou parfois écrite, qui propose une explication pour certains aspects fondamentaux du monde et de la société qui a forgé ou qui véhicule ces mythes.»

Folklore

➦ Les volées de corbeaux : Au sein des Terres Mortes, la venue d’une horde d’oiseaux noirs est signe de présences malveillantes et parfois d’une mort prochaine. De passage ou simplement venus s’installés autour d’une maison ou d’une petite communauté, les bêtes de malheur n’ont que du mal à dire de leur nouveau sujet. Certains disent même qu’alors que les corneilles glapissent des insultes et mauvais augures, les corbeaux croassent les innommables crimes des fou-furieux et des abominations qui rôdent au cœur des terres stériles.

➦ Les Manouches : Dans plusieurs lieux, l’arrivée de manouches n’est pas vue d’un bon œil. On raconte qu’ils transportent avec eux mystères et mauvais augures, et il serait inconsidéré de leur faire confiance. Les habitants vont jusqu’à jeter l’eau de leur logis lorsqu’un gitan passe devant leur porte, de peur que l’eau ne croupisse et apporte la maladie dans la demeure.

➦ Faire passer le vent : Lorsqu’un homme meurt sous un toit, la famille insiste souvent pour qu’on ouvre les fenêtres du logis après les rites funéraires – s’il y a lieu – afin que le vent emporte l’âme du défunt pour qu’elle ne reste pas prise sur place. Pour cette raison, «faire passer le vent sous son toit» est une expression ayant la même signification que «faire son deuil».

Nuke-shroom : Ceux qui connaissent un peu les secrets des plantes ont sûrement entendu parler des «nuke-shroom», ces petits champignons bleutés. Ceux-ci poussent habituellement sur les terres qui furent autrefois irradiées ou qui le sont encore. On en tirerait de puissants narcotiques et les champignonneurs qui arrivent à en faire la culture, arriveraient à faire d’immenses profits aux dépens des junkies qui se les arrachent.

➦ Psychopompe : Bien qu’il n’y ait pas d’entente à ce sujet, plusieurs pensent qu’une sorte de rat œuvre comme passeur des âmes défuntes. S’il existe vraiment une frontière entre la vie et la mort, ce sont ces vermines qui auraient pour tâche de transporter les morts d’une existence à l’autre. Il est également dit que ces bestioles dévorent l’âme de celles qu’elles transportent et que si ces âmes sont lourde de trop de crimes, elles finissent régurgitées mi-mortes mi-vivantes, au plus creux des les limbes de l’Entre-Monde. Ces âmes errante se nourrissent ensuite de la peine des mortels, désespérées de retrouver l’étincelle de vie qui les animaient jadis.

➦ L’Ondaline : Beaucoup font serment sur leur vie ou leur honneur, mais on affirme que d’autres encore font serment sur le flot d’un cours d’eau. On fait généralement une «Ondaline», comme on les nomme, en traçant un  »x » de l’index droit sur son cœur. Plus la rivière ou le fleuve sur lequel on jure est important, plus le serment prend de l’ampleur. Pour ceux qui y accordent de l’importance, on dit qu’une Ondaline brisée voit le nom du parjure emporté par le courant pour ne jamais revenir, le laissant dans la honte et l’oubli…

➦ Les Voix : Un voyageur avisé ne devrait jamais répondre à des voix désincarnées provenant des ruines de l’Ancien Monde. On raconte qu’à chaque réponse, les voix se rapprochent de l’imprudent, jusqu’à être assez proche pour étrangler, ou encore noyer dans la boue, la malheureuse victime.

➦ De ces cadavres : Lorsqu’on trouve un corps laissé à l’abandon sous une ruine de l’Ancien Monde, il est toujours de mauvais augure de ne pas brûler le défunt, ou à tout de moins, d’en disposer. De vilaines légendes racontent que les Engeances se nourrissent parfois de ces cadavres et que c’est ainsi que ces créatures immondes se multiplient comme la peste un peu partout dans les Terres Mortes.

➦ Le feu, la nuit : Il est souvent mal vu de venir profiter d’un feu sans se présenter à ceux qui y sont déjà attroupés. La nuit, un rond de feu est une enclave pour les êtres diurnes. Si les hommes ne le traitent pas avec respect, pourquoi donc les créatures de la nuit le devraient-elles?

➦ Les Disonomes : Le pouvoir des noms est indiscutable dans plusieurs régions des Terres Mortes. On dit que le nom d’un être renferme son identité, et même une part de son âme. Qui n’a pas déjà entendu une histoire comme celle de cet homme cupide qui échangea son nom contre une rivière d’or, mais qui, une fois son nom disparu, oublia tout de lui-même, jusqu’à sa funeste avarice? Laissez à eux-mêmes, ceux qui on attiré la colère et on été maudit par les peuples manouches, deviennent parfois comme des pages vierges sur lesquelles rien ne semble vouloir s’écrire. Ces damnés, que l’on désigne par «disonomes», errent sans buts véritables, un terrible destin pour celui qui en écope.

➦ Les Survenants : Il vaut mieux se montrer méfiant envers les étrangers et les voyageurs venant d’autres contrées. Certains sont parfois des monstres dans la peau d’un homme, des maraudeurs qui errent sur les routes, ou même ces démons suceurs de sang. Il ne faut cependant pas manquer d’hospitalité quand cela est nécessaire. Il ne faudrait pas non plus se trouver dans une mauvaise situation si l’étranger s’avérait plutôt être un charognard ou arpenteurs des ruines. Dans tous les cas, un œil avertit en vaut deux, ou, comme certains disent, «Tend une main et garde l’autre dans ton dos».

➦ L’astre rouge : Certains rites et coutumes suivent attentivement le cycle de la lune, mais aucune apparition lunaire n’a plus d’effet dans le cœur des hommes des Terres Mortes que lorsque celle-ci traverse l’axe de cet étrange astre rouge, qui est apparut dans le ciel pendant la fin du monde. Au moins une fois par année, ce phénomène inquiétant force le commun des mortels à rester chez soi, ou à se cacher. Bien que les mythes soient partagés quant à la nature du présage signalé, ces nuits là on préfère ne pas se risquer à croiser ces bêtes anthropomorphiques qui arpentent alors les ruines de l’Ancien Monde. On dit que s’il arrivait qu’on se trouve par inadvertance à l’extérieur lors de cet événement céleste, il vaut mieux ne pas se laisser aller à la peur et rester groupé, car les êtres qui voyagent durant cet épisode se nourriraient de l’effroi, comme des requins attirés par une goute de sang. Dans certaines villes, on laisse même de la nourriture et de l’alcool en petite quantité devant sa caravane ou son domicile durant cette éclipse, car on craint que ces bêtes enragées ne viennent frapper à la porte pour se rassasier à leurs façons.

➦ Vision de l’au-delà : On voue un certain respect aux personnes ayant les yeux vairons, car on prête à ces personnes la capacité de voir au-delà de ce qui est normalement permis. Bien qu’inquiétant, ce don prétendu ne semble étrangement pas être l’objet de persécutions ou perçu comme une mutation. La raison se trouve peut-être dans un vieux proverbe, «Mieux vaut un martyr que deux condamnés.» S’il doit y avoir un marqué, autant qu’un autre porte ce fardeau.

➦ Laissés-pour-compte: Bien que ce soit contradictoire à d’autres croyances, certains pensent qu’il vaut mieux laisser les corps abandonnés dans les ruines à eux-mêmes. On dit que d’étranges créatures font des laissés-pour-compte une rare offrande, l’objet d’une obsession particulière. Sous peine de se voir pourchassé, passer son chemin se révèle alors une meilleure idée.

➦ Psyckers : On murmure que certains hommes peuvent jeter un coup d’œil dans le futur ou le passé des autres. Ces mutants ont souvent des anomalies aux yeux, tels que du strabisme. S’il arrive qu’une personne sente un regard sur sa nuque lorsque personne ne l’observe pourtant, c’est peut-être qu’elle est fixée par un «psycker» à travers le temps et l’espace.

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FOLKLORE VAMPIRIQUE

Wolf

➦ Anciens dieux : On dit que les adorateurs d’Ozymandias gardent leur savoir interdit entre les murs noirs et impénétrables de leur cité d’ébène. S’il arrive qu’un voyageur inconscient s’aventure à la croisée des chemins menant à cette nécropole, il pourrait par malchance tomber sur l’un de ces monolithes dont l’image saurait rappeler tous ces anciens dieux du sang déchus. Or, qu’il se garde d’y toucher! Certains racontent que ces gigantesques dolmens vivent d’eux-mêmes, que le sang qui les anime les rendent écarlates et qu’un seul regard d’un homme du commun suffirait à lui dérober son essence vitale jusqu’à la dernière goute…

➦ Engeances : Certains vampires des Terres Mortes racontent que pour donner vie à leurs engeances, les Tzimisces se servent de la peau de diverses bêtes qu’ils arrachent pour en couvrir leurs créations. Plumes, écailles, appendices et fourrures ornent ces horribles choses, et on prétend qu’elles muent comme des serpents et que leur poil se noircissent plus elles vieillissent. Les Tzimisce pourraient même se servir de peau d’hommes et d’enfants à cet effet…

➦ Stigmates : Les vampires stigmatisés par la Géhenne ne se laissent jamais approcher sans grogner, sans combattre. Sans les mots qui apaisent, les mots qui endorment, ces choses ruent et se débattent comme des animaux sauvages. Des chaînes sont alors nécessaires pour les maîtriser, et nulle rencontre ne se termine sans que sang et sueur ne fusent versés.

➦ Sombre ouvrage : Les rumeurs affirment que peu de bouquins peuvent retenir autant de secrets que les recueils de la Géhenne. De ces tomes s’échappent un murmure, une respiration que certains sentent de loin comme une sueur froide qui leur parcourt la peau. Cette litanie presque imperceptible attire dit-on mauvais esprits, ombres, malchance et cauchemars à proximité du livre, et toutes ces choses rampent alors dans les foyers avoisinants et se glissent dans la tête des malheureux qui passent à leur portée.

➦ L’ombre qui vous veut du mal : Il est peut recommander de marcher dans l’ombre d’un homme qu’on croit être une stryge, ou un vampire. On murmure que l’ombre est une extension maligne de ces êtres et qu’elle est dotée d’une vie malfaisante propre. Un imprudent qui n’en prendrait pas garde ne devrait pas s’étonner de ne plus trouver un objet qu’il avait sur lui, trébucher, ou même être étouffé sans raison apparente.

➦ Mal incarné : Ce qui rend souvent les vampires terrifiants dans l’imaginaire populaire, c’est que l’on croit que la propension au mal est ancrée dans leur être. La proximité d’un vampire est malsain non pas parce qu’il désire nécessairement faire le mal – bien que beaucoup soient des êtres vils – mais parce qu’un vampire attire inévitablement les tragédies sur son passage. Même s’ils peuvent avoir l’air bien intentionnés ou de nature avenante, les bêtes destructrices qui hurlent au fond de leurs âmes finiront tôt ou tard par empoisonner tout ce qui les entoure. En somme, on ne peut être méfiant envers un vampire : on peut seulement être imprudent.