LES LIENS DE SANG

70Un lien de sang est un lien mystique entre un vampire et une autre personne (un être humain, un autre vampire ou un animal). Le lien de sang commence à se former dès qu’un humain, un animal ou un vampire boit du sang d’un immortel et il devient permanent si la victime boit, à trois reprises, du sang du vampire.

Au moins un (1) trait de sang doit être absorbé à chaque fois et le sang doit être bu durant trois (3) nuits différentes (par exemple, boire quatre (4) traits de sang durant la même nuit ne compte que pour une seule étape du lien de sang). Il peut s’écouler plusieurs mois entre la première et troisième gorgés de sang et le lien de sang deviendra tout de même permanent.

Dès la première gorgée, de nouveaux sentiments font leur apparition chez la victime et une certaine forme d’obéissance envers le régnant s’établit. Si du sang du vampire est absorbé à nouveau, ces nouveaux sentiments continuent de grandir et, à la troisième gorgée, ils prennent plein effet et deviennent permanent.

Pour définir le rapport de domination entre deux personnes liées par le sang, nous utilisons les termes de victime et de régnant. Ce lien de sang s’illustrera généralement par une forme d’amour malsaine, une loyauté obsessive ou une obsession maladive. Certains vampires iront même jusqu’à se lier mutuellement par le sang, sans toutefois éprouver le même type d’émotions l’un face à l’autre, créant parfois certaines frictions au sein du «couple». Pour faciliter l’interprétation du lien de sang, la personne qui boit du sang du vampire se verra suggérer plusieurs choix de «type de lien» (et en choisir un), dès la première gorgée, qu’il aura envers son régnant.

Quel que soit la nature des émotions ressenties, elles ont toujours un très grand aspect négatif. C’est pour cela que le lien de sang est considéré comme un risque par les personnes l’utilisant et qu’il est important de faire attention à la personnalité des personnes liées.

⇝ Première gorgée : Boire le sang d’un vampire pour une première fois est une expérience à la fois traumatisante et exaltante. Pour les mortels (humains comme animaux), le choc physique est important et il arrive que le sang provoque des vomissements, sueurs et parfois convulsions. Durant les heures suivant cette expérience, les sens des mortels s’affinent, ils se sentent plus forts et plus résistants, et les sensations physiques sont décuplées. À leur insu, leur aura est aussi changée et les mortels deviennent des goules : de simples créatures mortelles dont le sang des vampires à augmenter la puissance. Pour les vampires, boire du sang d’un autre immortel est une expérience sang pareille. Le goût et la qualité du sang sont sans pareils et ils tirent un grand plaisir de cette dégustation.

Mortels comme immortels sentiront, une fois le sang bu, les premiers effets émotionnels. Les joueurs affectés ainsi devront choisir (ou recevoir) un type de lien qui devra être joué à une ou deux reprises durant les soirées de jeu.

⇝ Seconde gorgée : Pour les créatures mortelles, la dépendance au sang apparaît après la deuxième gorgée. Ils développent un besoin puissant de boire à nouveau du sang de leur régnant. Après avoir bu du sang pour la seconde fois, les effets du lien doivent être joués durant au moins une heure de la soirée de jeu, tellement ces émotions se font fréquentes et irrésistibles. Pour nuire directement ou blesser son régnant, un trait de volonté doit être dépensé pour y arriver. De plus, face à son régnant, une victime souffre en permanence d’une pénalité d’un (1) trait sur tout challenge social.

⇝ Troisième gorgée : Les effets du lien de sang deviennent permanents et doivent toujours être joués au maximum de vos capacités. De ce fait, une victime doit dépenser un trait de volonté à chaque qu’il entreprend une action qu’il croit être contraire aux valeurs de son régnant, ou qui susciterait sa désapprobation, ou trois (3) traits de volonté s’il souhaite blesser ou nuire directement à son régnant. Finalement, une victime souffre en permanence d’une pénalité de trois (3) traits sur tout challenge mental ou social envers son régnant.

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BRISER LE LIEN DE SANG

Il est très difficile de briser le lien de sang et la plupart des gens qui en sont victimes ne cherchent même pas à le faire. Cependant, des individus maltraités, exploités et menacés de mort peuvent se mettre à chercher une solution à ces sentiments dangereux qui les habitent. Malheureusement, ils n’ont que très peu d’espoir de réussir dans leurs recherches.

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TYPES DE LIENS

➦ Amour fusionnel : La victime du lien devient inséparable de son régnant. Elle insiste pour tout partager avec sa douce moitié, autant les repas que les amis ou le lieu de repos. Le vampire se retrouvera invité à toutes les activités sociales de la victime et celle-ci voudra aussi emménager avec son maître, travailler avec lui, dormir et comploter avec lui, etc. Une personne sous l’effet de ce type de lien est extrêmement sensible aux sautes d’humeur de son régnant et le moindre commentaire négatif sera interprété comme un rejet. Si la personne sous ce type de lien est rejetée trop longtemps ou souvent, elle finira par tenter d’attirer l’attention de son régnant par tous les moyens nécessaires, pouvant aller jusqu’à se blesser ou se mutiler.

➦ Amour obsessionnel : La victime du lien est obsédée par son maître. Elle voudra tout savoir de son régnant, allant jusqu’à la suivre à son insu, conserver des morceaux de ses vêtements pour se sentir «proche» du vampire. La cible négligera ses besoins personnels et sera obsédée, par son maître. Les changements radicaux dans les comportements de la victime la rendent beaucoup moins efficace à son travail ou dans la vie de tous les jours, à moins qu’elle sache exactement où son maître se trouve et ce qu’il fait. Si la personne sous ce type de lien est incapable d’assouvir sa curiosité, elle deviendra souvent anxieuse et prendra des risques considérables pour s’assurer de la sécurité de son régnant.

➦ Amour possessif : La victime du lien ne supporte pas que son régnant possède des relations intimes avec d’autres personnes qu’elle. Les amis, membres du clan, relations de travail sont toutes des menaces potentielles à sa propre relation et la victime fera tout en son pouvoir pour montrer à son régnant à quel point ces gens l’aime moins, la respecte moins, l’écoute moins, etc. Si la personne sous ce type de lien constate que son maître possède une relation «trop» intime (variant selon l’individu) avec une autre personne, elle deviendra violemment jalouse et n’hésitera pas à faire tout ce qui est en son pouvoir pour évincer son concurrent de la vie de son maître. Cela peut être en discréditant l’individu auprès de son régnant la cible ou en lui causant des «accidents».

➦ Amour masochiste : La victime du lien ne vit que pour l’attention que lui porte son maître et le sentiment d’impuissance que leur relation lui apporte. La victime désire profondément se sentir possédée par son maître et tire un grand plaisir des punitions, remontrances et sévices que son régnant peut lui infliger. La victime du lien aura tendance à commettre des erreurs pour être punie, testant les limites de la tolérance de son régnant. Les victimes de ce lien commettent des erreurs de plus en plus graves avec le temps pour obtenir des punitions de plus en plus sévères. Ceci dit, son objectif est avant tout d’avoir l’attention et d’être possédé par le régnant, et non de lui nuire. L’amoureux masochiste demande beaucoup d’entretiens, mais est celui qui est le plus rationnel dans sa démarche.

➦ Loyauté absolue : La victime de ce type de lien est absolument, fanatiquement loyale à son maître. À un point tel que l’idée de la tromper, même involontairement, la tourmente. La victime confessera tous les torts qu’elle a pu porter à son maître, qu’ils soient imaginaires ou réels. Si la victime trouve une jeune femme attirante sur la rue, elle ne pourra s’empêcher de se tourmenter tant qu’elle n’aura pas confessé son attirance à son maître (et demandé son pardon). Si la victime du lien est capturée par un ennemi de son maître, elle s’en voudra éternellement pour avoir failli à la personne aimée. La victime de ce type de lien passe un temps fou à se tourmenter pour des détails insignifiants, ce qui finit inévitablement par porter sur les nerfs de son régnant. Si la victime trahit involontairement son régnant, elle fera tout pour réparer la bévue, sans égard pour sa propre sécurité. Cette victime préfèrera toujours se suicider que de causer volontairement la perte de son régnant.

➦ Loyauté familiale : La victime du lien considère son régnant comme un membre de sa propre famille. Elle est paternelle ou maternelle à son égard, mais d’une manière étouffante et absolue. La victime prétend diriger la vie de son régnant en lui donnant des conseils, lui interdisant des actes ou des fréquentations ou en exerçant «son autorité» sur le régnant. La victime aura recours au chantage émotionnel dans ce type de relation et le régnant doit s’attendre à être constamment critiqué, ramené à l’ordre ou corrigé par sa victime. Si le régnant ignore trop les conseils de la victime, celle-ci pourra se tourner vers ses supérieurs pour le faire valoir. Elle pourrait le porter volontaire pour certains offices prestigieux, recommander ses conseils auprès d’Elders de la ville et ainsi de suite, pouvant mettre dans l’embarras le régnant si celui-ci n’est pas à la hauteur des aspirations de sa victime.

➦ Loyauté concurrente : La victime du lien développe un fort sentiment de concurrence avec son régnant, étant persuadée qu’elle ne le mérite pas. Elle désire être respectée par son régnant autant qu’elle le respecte. La victime devient très compétitive et tentera toujours de prouver sa valeur à son maître, ignorant parfois leur différence de statut (par exemple, une goule liée à un vampire pourrait tenter de se faire étreindre). La victime désire l’estime de son régnant, mais n’acceptera pas la parole de son maître si celui-ci tente de lui montrer qu’ils sont égaux (que cela soit véridique ou pas). La victime trouvera toujours une chose que son maître fait mieux ou plus souvent qu’elle et désirera obtenir la même chose. Pire, la victime ne désire pas l’aide de son régnant pour devenir son égal : elle doit réaliser cet exploit par elle-même. La victime ne trahira jamais son régnant et désire son respect plus que tous, mais possède ses propres idées sur la manière de gagner le respect et tentera toujours de prouver qu’elle mérite l’attention ou le respect de son régnant. Les victimes de ce type de lien finissent souvent par commettre des actes déplacés, ne connaissant pas leurs limites et tentant de plaire.

➦ Loyauté évolutive : La victime du lien tente de transformer son régnant pour en faire la meilleure personne possible. Toujours obéissante à son maître, mais soucieux de son développement personnel, elle va le confronter à des épreuves, lui proposer de se dépasser dans certains domaines, l’inscrire à des formations académiques, etc. Le comportement peut d’abord paraître anodin, mais un régnant ne faisant pas d’efforts visibles pour s’améliorer peut pousser sa victime à aller plus loin. La victime ne dirigera jamais son maître vers un grand danger. La victime est loyale après tout, mais elle souhaite voir son régnant se surpasser et devenir pour les autres ce qu’il est pour elle. La victime du lien finit toujours par trouver les limites de son régnant et la forcera à les dépasser, pouvant entraîner des incidents fâcheux…

➦ Obéissance aveugle : La victime de ce lien prend les instructions de son régnant à la lettre et est incapable de percevoir le contexte ou les subtilités. Elle tentera toujours d’accomplir la tâche du mieux possible et jusqu’au bout, mais ne s’arrêtera pas tant qu’on ne lui demande pas de le faire. Le simple ordre d’aller chercher un livre peut envoyer la goule dans une quête de plusieurs jours, si elle n’arrive pas à le localiser immédiatement (elle sortira du refuge, fouillera dans les bibliothèques et pourrait même cambrioler une librairie si on lui a demandé de faire vite !). Le régnant doit formuler ses instructions très précisément et avec attention s’il ne veut pas causer du tort à son serviteur, qui prend ses ordres comme des mandats divins. Simplement mentionner « Ce type m’énerve, il faudrait qu’il lui arrive malheur » devant la victime peut avoir des répercussions dangereuses, sans qu’elle ne demande plus de détails ou de permissions.